Faut-il piéger les frelons asiatiques au printemps ?

03/23/2019

Faut-il piéger les frelons asiatiques au printemps ?

C'est une question à se poser en ce début de printemps dans la mesure où les fondatrices fécondées en fin d'été sortent de leur hibernation pour constituer de nouvelles colonies.  

Sans refaire un article de fond sur le frelon asiatique, il en existe déjà beaucoup….quelques informations  essentielles pour mieux comprendre la problématique:  

 

  • Le frelon asiatique (ou frelon à pattes jaunes)  ou de son nom scientifique Vespa Velutina Nigrithorax a été découvert pour la première fois en France dans le Lot et Garonne en 2004 où il serait arrivé de Chine dissimulé dans  des poteries.
  • L'invasion a été très rapide puisque,  à peine plus de 10 ans après, il est  présent sur la quasi totalité du territoire national mais aussi dans d'autres pays : Italie, Espagne, Portugal, Allemagne…
  • Il a été classé, dès 2012, dans la liste des dangers sanitaires de 2ème catégorie pour l'abeille domestique. Idem au niveau européen où il figure, depuis 2016, dans la liste des espèces exotiques envahissantes. 

 

Les prévisions de réchauffement climatique laissent craindre une extension sur d'autres continents.

 

Son habitat:  le frelon asiatique installe de préférence son nid dans les hautes branches des grands arbres, en zone urbaine ou agricole.   

 

Sa nourriture: Comme les autres frelons, Vespa Velutina est un prédateur  qui s’attaque à une très grande variété de proies. Outre les abeilles, il s’attaque aux insectes et notamment aux guêpes, mouches, papillons ainsi qu’aux araignées. Il apprécie aussi la viande  et les poissons et crevettes exposés sur les étals des marchés. Les boulettes de proies servent à nourrir les larves en protéines.  

En automne ils peuvent aussi manger des fruits mûrs : pommes, raisin...

 

Son impact sur les ruches: le frelon se poste en vol stationnaire devant l'entrée de la ruche et attrape une abeille qui revient de butiner. Il la saisit et va ensuite la découper sur une branche d'arbre à proximité pour ne conserver que le thorax plein de protéines (Cf. photo de l'article).  

Les apiculteurs peuvent observer jusqu'à 10 à 20 frelons qui de façon continue prélèvent des butineuses. Cette prédation contribue évidemment à l'affaiblissement de la colonie. Elle stresse aussi les abeilles qui  sortent beaucoup moins pour récolter nectar et pollen. 

Pour protéger les colonies, les apiculteurs,  en été,  mettent à l'entrée des ruches des protections qui empêchent les gros insectes de pénétrer à l'intérieur.  Sans ça, les frelons entrent dans la ruche et si la colonie n'est pas importante ils peuvent la détruire et  piller le couvain (les larves) qui s'y trouve. 

 

Son cycle de vie: Les femelles, fécondées en automne, hivernent dans la terre  ou dans des troncs pourris. En mars, chacune de  celles qui ont survécu créent un nouveau nid sur le rebord d’un toit, dans un buisson ou dans divers abris. Il compte d'abord  une dizaine de cellules entourées d’une fine coupole de papier puis d’une enveloppe sphérique. Les premières ouvrières naissent au cours du mois de mai. 

70 % des colonies déménagent, dans le courant du mois d’août, lorsque le nid primaire est placé trop près du sol ou dans un endroit confiné. La colonie s’installe alors dans un nouveau nid construit par les ouvrières souvent à plus de 10 m dans un arbre. Un nid peut compter plus de 13 000 individus et les ouvrières peuvent élever au moins 500 futures fondatrices qui après avoir été fécondées par les mâles vont  à leur tour hiverner. Tous les autres membres de la colonie meurent en fin d'automne. 

 

Alors ….faut il piéger ces nouvelles fondatrices dès le mois de mars? 

la réponse la plus raisonnable serait NON…. 

  • Les pièges actuels ne sont pas assez sélectifs et détruisent trop d'autres insectes qui contribuent à la biodiversité et notamment à l'alimentation des oiseaux.
  • Le nombre de fondatrices est trop important pour que les pièges actuels en suppriment suffisamment.
  •  Le printemps  est une période de combats intenses entre fondatrices qui se contestent les meilleurs emplacements (comme le font d'autres espèces telles que les guêpes). Ces luttes seraient le  régulateur naturel le plus efficace. 
Mais il faut comprendre les apiculteurs qui face à ce fléau tentent d'en réduire l'impact à proximité immédiate de leurs ruchers. 
Une autre période de piégeage se situe en aout alors que les nids de frelons sont plus peuplés et la prédation sur les ruches la plus importante. 
J'y reviendrai ultérieurement!   
 
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